Périgrinations d'une prof de FLE
25 Janvier 2013
… longue parce que, mine de rien, j’ai presque fait 6 500 km en trois jours. Honorable pour un premier voyage, non ?
J’ai quitté la Bretagne à 11h40 le 02 janvier un peu après 11h30. Huit heures plus tard, j’arrivais à l’hôtel que j’avais réservé à Paris, où j’ai négocié un repas pour le moins frugal (et gratis ! mais suffisant, puisque de toute façon j’étais là pour dormir).
Le lendemain, debout à 4h et au taquet pour entamer la plus grosse partie du trajet. Là aussi, j’ai commencé par négocier un petit déj’, qui était compris dans le prix de la nuit mais seulement servi à partir de 7h….des petits gâteaux au milieu de la nuit, ça compte ?
Finalement, je suis arrivée à l’aéroport avec une grosse demi-heure d’avance sur l’ouverture du terminal d’enregistrement des bagages, et ce fut long… très long. Surtout les contrôles pendant lesquels, si vous portez une minerve, on vous demande de la retirer mais que personne ne se proposera pour vous aider à la remettre en place, bien joué Orly-Charlot !
Le trajet Paris – Helsinki fut assez particulier. Certains le savent, je déteste les ascenseurs. Quelque chose dans cette impression que l’on a au moment où la machine se met en branle me dérange. Eh ben l’avion c’est juste un gros ascenseur super flippant !! Donc me voilà vraiment très mal à l’aise, pas malade, mais avec une espèce d’attaque de type « euh … non, en fait euh …je crois que je veux pas y aller. Pourquoi je suis pas restée à la maison ?! euh… Rappelez-moi un peu ce que je fais là ? Mais je suis pas un peu cinglée, moi, de partir comme ça ?! ». Enfin ceci coincée entre une espèce d’homme d’affaire assez hautain au premier abord, une lycéenne qui écoutait de la musique trop fort et un café qui avait un étrange et désagréable goût de cacahuète. Assez rapidement, une fois l’avion parvenu au-dessus de la couche nuageuse, le lever de soleil et la vue m’ont un peu calmée, quand bien même j’étais navrée de ne pas pouvoir voir grand-chose, et notamment le mouvement complet des ailerons… qui, maintenant que j’y pense, me replongeait dans ma sensation d’ascenseur… Mais je n’aurais jamais cru possible de pouvoir passer 3h scotchée à un écran et à regarder l’avion évoluer sur une carte du monde en comptant les kilomètres…
Arrivée à Helsinki, le dépaysement est total ! C’est grand, c’est blanc et l’orée de la forêt est surréaliste !
Et là, j’avais cinq heures à tuer !
Au programme : cigarette, quelques textos, pinte, lecture, un truc à grignoter, recigarette, retextos, relecture, repinte, vidage de batterie d’ordinateur, retextos, recigarette… Autant dire que dans un duel au premier sang, ces heures auraient gagné haut la main ! Qu’à cela tienne ! Fatiguée, j’attendais presque l’avion avec impatience pour pouvoir dormir dedans… 10h cette fois et au petit matin j’aurais dû arriver fraîche comme une rose à Shanghai pour y passer les six prochains mois… En fait, mieux valait ne pas y penser, enfin pas tout de suite en tout cas.
Ce qu’il y a de bien et à la fois de pas très folichon dans les transports en commun, c’est l’anonymat. En train comme en avion, si vous n’avez pas envie qu’on vous parle, il est assez simple de le faire comprendre à son voisin.
Cependant, comment fait-on lorsqu’on est stressé et qu’on a envie, voire besoin (oui ça m’arrive aussi parfois) de parler à son voisin ? Eh bien malheureusement, on prend son mal en patience, en se disant que la nana de devant a bien de la chance d’avoir un voisin qui parle, qui a même l’air intéressant ; même si, elle, n’a pas l’air intéressée.
Voyager seul, surtout pour la première fois, ben c’est pas drôle. Et pour peu que des bébés bridés pleurent dans l’avion à intervalles plus que réguliers et assez fort, alors là c’est le jackpot, pas moyen de dormir, ni de profiter du film diffusé tellement le son en est mauvais (Le Prénom, film français, pas mauvais malgré son genre comique… heureusement que Patrick Bruel sauve les meubles !)
Résultat : arrivée à Shanghai à 9h30 du matin après une trentaine d’heures sans dormir. Eh bah je devais être belle, tiens, quand Xiaodan m’a récupérée à l’aéroport ! Surtout que personne ne vous explique comment ça se passe une fois arrivé là-bas. C’est grand, et large, et vide. Et à part les petits panneaux de bienvenue précisant « pas de portable, pas de photo », aucune indication !
Comme une envie de dire …
Enfin j’étais bien contente de ne plus me trimballer mon sac de 20 Kg, AKA « le Monstre ».