Périgrinations d'une prof de FLE
3 Août 2014
Le deuxième dispositif sur lequel j’interviens est assez différent, il s’agit du dispositif « AVENIR JEUNES » (ou AVJ), cette fois financé par le CRIF (Conseil Régional Ile de France). Notre mandataire, l’organisme de formation professionnelle ASSOFAC nous envoie donc des jeunes de 16 à 25 ans (orientés par les Missions Locales) dont le but est l’élaboration puis la validation d’un projet professionnel pour pouvoir, au bout de quelques mois (900 ou 1200 heures de formation) se diriger vers une formation qualifiante ou bien se lancer directement sur le marché du travail (y en a même qui reprennent des études). Sur ce « Pôle mobilité », trois parcours possibles : le parcours A, où l’on trouve des primo-arrivants de tout niveau ; le parcours B, là ce sont surtout des petits caïds du 93 et enfin le parcours C, que j’ai pas du tout envie de rencontrer, puisqu’il s’agit le plus souvent (semblent-il) de groupes de repris de justice et autres du genre…
Là, vous vous demandez sûrement où j’interviens dans ce schéma, après tout, je ne suis pas conseillère en insertion professionnelle ! Eh bien, il se trouve que dans la carte des compétences que les stagiaires doivent avoir développées en fin de formation, figurent deux axes concernant le français oral et écrit et concernant surtout le français à objectifs spécifiques (ou FOS pour les intimes). Mon travail : les former à s’exprimer sur leurs compétences, leur environnement professionnel, les activités spécifiques relatives à leur projet professionnel, deux après-midi par semaine.
Là aussi, beaucoup d’interculturalité, même si on retrouve souvent les mêmes (Maghreb, Asie du Sud, Ouest Africain et deux ou trois OVNI qui se promènent toujours), mais plus que chez les autres, l’apprentissage des codes sociaux et des modes de vie se fait impératif et a la pertinence de plonger le formateur/la formatrice dans une réelle réflexion sur les modes de vie et la société française… Il y a encore dans ces groupes un gros problème de disparité, cela dit, il y règne une belle solidarité et une réelle entraide ! Non, le plus gros problème ce sont ceux qui ont deux neurones ventousés par un élastique qui aurait passé trop de temps au soleil ! Et là, on ne peut pas grand-chose, mais comme dirait mon employeur :
Vous êtes sûre que c'est pas plutôt cognitif ?